Afin de suivre ce que Don Bosco proposait à ses jeunes, nous venons tous les samedis après-midi afin de proposer des animations aux jeunes. N’ayant pas le droit de sortir à l’extérieur sauf exception, c’est « l’oratorio » (animations) qui se déplacent à eux…

Afin d’éviter toute assistanat, ces animations sont préparés et effectués avec le personnel locale notamment avec M. Yves qui sera par ailleurs le chef d’atelier de la mini formation professionnelle…

L’échauffement!!

Chaque animation se termine par un « mot du soir »… Le mot du soir est une pratique instaurée par Don Bosco. Cela consistait à dire un petit mot aux jeunes chaque soir avant le coucher…

Ce « mot » nous permet de revenir sur des évènements importants de la journée, de rappeler certaines règles ou tout simplement de manifester à nos jeunes l’affection et la bienveillance que nous avons pour eux.

Entre mauvais malgache (moi et David) et vrai malgache (Frère Paolo et Mr Yves), les jeunes semblent s’y retrouver…

Dix jeunes, cas pénaux et cas sociaux confondus, ont eu le droit de sortir afin de se rendre au centre des salésiens, le centre Notre Dame de Clairvaux… Les jeunes ont pu chanter et faire un magnifique Kabary (discours) évoquant entre autre leur envie de sortir de la misère…. Kabary français, Kabary malgache, de quoi montrer à tous que ces enfants ont un gros potentiel si ont leur donne la chance de s’exprimer!!!!

Ces prestations ont touché le cœur des gens et la petite bande est invité à la cérémonie officielle de la journée des Droits de l’enfant, le 20 novembre, en plein centre de la capitale…
Cette invitation, même si quelques craintes concernant d’éventuelles fugues nous taraudent, est une très belle chose qui aidera à faire évoluer l’image de ces jeunes souvent stigmatisés comme des « enfants malsains, désobéissants ou encore gros délinquants »…

En septembre, nous avons été fortement occupé à prendre connaissance avec nos concitoyens malgaches et à cerner les réels besoins éducatifs de ce centre… Beaucoup d’entretiens collectifs et individuels nous ont permis de réellement « faire avec » et non « à la place ».

En effet, nous sommes persuadés que pour qu’un projet fonctionne il faut s’appuyer sur TOUTES les ressources locales et prendre le temps, tranquillement, d’observer et d’écouter!!

Bien entendu cette période d’écoute et de recueil d’informations continuera au quotidien pendant toute la durée du projet!!

Il y a eut aussi la réception des dons reçus de France…

Afin de prendre du recul et aussi d’effectuer une formation avec notre organisme d’envoi (la DCC), nous sommes rentrés en France durant l’été dernier!! Ce fut l’occasion de présenter le projet et de recueillir les dons matériels et financiers que nous ont offert généreusement les paroisses de la Moselle (57). Nous en profitons d’ailleurs pour renouveler nos remerciements envers ces personnes qui se sont montrées très généreuses et très à l’écoute de ce que nous vivons…
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Que vous connaissiez déjà bien le projet dont nous sommes responsables ou que vous le découvriez, nous vous remercions de votre intérêt et nous espérons que ce blog puisse vous permettre de mieux comprendre ce que nous faisons ici, à Madagascar, auprès des jeunes en difficultés.

Nous sommes un couple d’éducateur français. Après quelques expériences en France, nous avons décidé de vivre une expérience internationale et de partir en coopération. C’est ainsi que le 28 août 2008, nous sommes partis à Madagascar auprès des Salésiens de Don Bosco afin d’intervenir auprès de jeunes filles et garçons en grandes difficultés ainsi qu’auprès des adultes responsables de ces foyers pour leurs dispenser quelques formations (pédagogie, psychologie etc..). Les Salésiens de Don Bosco sont des religieux qui se consacrent à l’éducation des jeunes et surtout ceux en grandes difficultés. Pour nous ce fut l’occasion d’une première expérience de vie et de travail dans le milieu du développement durable. Nous avons appris à côtoyer une culture qui se révèle très différente de la notre, appris aussi à adapter notre posture professionnelle dans un pays où, même si un jeune reste un jeune, les problèmes sont parfois différents de ceux de la jeunesse française…

Cette première année fut pour nous, bien que parfois difficile, une merveilleuse expérience qui nous a poussé à continuer notre engagement à Madagascar.

Or, a la fin de cette première année, en juin 2008, les salésiens de Don Bosco nous ont fait visiter un centre de l’Etat. Ce centre accueille plus de 80 jeunes qui vivent dans des conditions extrêmes. Ces jeunes, souvent condamnés pour des peines plus ou moins longues, en attente de procès ou simplement abandonnés sont surveillés par des gardiens pénitenciers et n’ont que peu de prise en charge éducative. En les côtoyant, les Salésiens nous ont proposés de poursuivre notre travail à Madagascar afin de créer un projet; instaurer une présence éducative respectueuse des Droits de l’Enfant pour les jeunes de ce centre. C’est pourquoi, nous sommes restés Madagascar en tant que responsables de ce nouveau projet.

Afin d’être formé au poste de « responsable de projet » et afin de permettre la pérennité du projet, nous effectuons notre coopération avec la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération). La DCC crée en 1976 à l’initiative de la Conférence des Évêques de France envoie chaque année plus de 300 volontaires pour intervenir en lien avec les églises et associations locales auprès des populations les plus démunis. Nous sommes ainsi revenus en France deux mois l’été dernier afin de nous former, de nous « poser » et de prendre un peu de recul sur notre action. Ce temps fut aussi l’occasion de présenter le projet et ainsi de mettre en place d’ores et déjà quelques collaborations.

«Voir un grand nombre de garçons tous en bonne santé, l’air robuste, l’air intelligent; les voir là, inoccupés, dévorés par la vermine, privés du pain spirituel et matériel me fit horreur».

Il visita plusieurs fois ces jeunes. Il parvient à connaître leur malheureuse histoire, leurs déchéance, la rage, qui petit à petit, les rendait féroces. Le délit le plus fréquent était le vol : à cause de la faim, du désir de quelque chose de plus que la nourriture insuffisante et aussi par rancune envers les riches qui exploitaient leur travail et les laissaient dans la misère. Ces jeunes étaient enfermés dans des cellules collectives où les pires d’entre eux devenaient les maîtres absolus.

Don Bosco fit ce constat en 1840 en visitant une prison à Turin. L’objectif d’un projet au sein du centre Anjanamasina est justement d’éviter que les jeunes ne soient comme ceux qu’a décrit Don Bosco. Accompagner le centre Mandrosoa afin qu’il soit un réel lieu d’éducation et de sociabilisation. Permettre a chaque jeune, quelque soit ses difficultés, de grandir dans une ambiance chaleureuse qui lui permettre de continuer son chemin.

C’est en collaboration avec les Salésiens de Don Bosco et la Directrice du centre que ce projet est né.