C’est avec quelques semaines de retard que nous reprenons le clavier. La fin d’année a été intense. Et entre la clôture des activités 2012/2013 et le lancement des prochaines actions, nombreuses, à réaliser, le blog a été bien silencieux ces derniers temps.
Cependant, « mieux vaut tard que jamais ». Ainsi, les prochains articles vous permettront de vivre les principaux événements qui ont eu lieu. Commençons par le commencement c’est-à-dire par cette merveilleuse journée du 12 Juin 2013 où 30 jeunes en détention ont pu réaliser un spectacle sous les yeux de plus de 400 spectateurs !
Et oui, car il est indéniable que la mobilisation a été forte notamment du côté des associations. Celles-ci ont répondu en masse. Ainsi, la majorité des spectateurs furent des enfants, adolescents et responsables de structure éducative. Ce fut un public plaisant, agréable et qui a mis une ambiance chaleureuse et familière. Outre les associations, le Ministère de la Justice, l’Ambassade de France et des États-Unis, France-Volontaires et d’autres organisations officielles ont également répondu présents. La salle fut littéralement comble et le public bien pu nombreux que prévu. Certaines associations comme « Aléas des Possibles » (association de réinsertion via l’art et le cirque) sont même monté, pour quelques numéros, sur scène afin de soutenir nos jeunes…
Du côté des artistes, toute l’équipe a décoré la salle tôt le matin puis une répétition générale a été organisée en fin de matinée. Les jeunes ont tous mangé sur place et ce fut l’occasion d’un échange puisque les jeunes venaient de deux établissements pénitentiaires distincts. Une première salle fut consacrée à une exposition photo réalisée par Cédric Spilthorren. Puis les spectateurs pénétraient dans un tunnel lumineux avant de pénétrer, dans la « salle des rêves » : Une salle plongé dans un décor bleu nuit étoilé. Au mur, des dessins réalisés par tous les jeunes des deux établissements pénitentiaires où Grandir Dignement intervient. Ces dessins représentent le rêve du jeune et un commentaire est ajouté. Également, des « spirales de vie » qui résument et témoignent du parcours de vie souvent douloureux des jeunes que nous accompagnons.
Très vite, le spectacle a commencé. Slam, sketch, jeu scénique, danse ou encore cirque se sont succédés. Des moments plein d’humour mais aussi des moments poignants notamment lorsque les jeunes se sont levés, bougie à la main, pour déclamer haut et fort ce qu’ils souhaitaient et espéraient pour leur vie future. Un spectacle-plaidoyer, telle fut la commande et telle fut le résultat. Et je pense qu’il n y a pas plus véridique que ce qu’un jeune exprime à travers son chant, ses pas de danse ou ses peintures. L’apitoiement ne fut pas de mise mais seulement et simplement les espoirs et rêves de ces jeunes en détention! L’ensemble du personnel de Grandir Dignement est également monté sur scène pour ajouter leurs voies à celle des jeunes.
Puis, après un temps de pause, un moment plus formel a eu lieu. Un discours du Ministère de la Justice ainsi qu’un plaidoyer de Mme Béatrice Christiny, responsable de France-Volontaires mais qui intervient en tant que conseillère au sein de l’association. La thématique est importante. Celle de jeunes mineurs placés en détention. Le sujet n’est pas l’affaire de quelques ONGs ou ministères. Non, c’est l’affaire de tous. C’est pourquoi le plaidoyer fut pour tous : enfants, responsables de structures éducatives, parents. L’objectif plus concret était aussi de préparer la future action de Grandir Dignement ; à savoir l’orientation post-carcérale et la mise en œuvre de mesures alternatives à la détention.
Enfin, après ce temps plus formel, la journée s’est terminé par un concert de Reggae !
Les jeunes qui ont participé à ce spectacle ont exprimé durant les jours suivants leur joie d’être monté sur scène, leur envie de continuer à exprimer ce dont ils rêvent et ce en quoi ils croient. Chose étonnante, même les jeunes qui n’ont pas pu sortir, ont eux aussi exprimer cette joie… A croire que à travers cette journée, ce fut non pas la parole de quelques-uns mais de l’ensemble des mineurs en détention de Madagascar qui a pu s’envoler !