Une éducatrice de Grandir Dignement en entretien avec un jeune à Madagascar

Tout ce que fait Grandir Dignement repose sur une conviction : un jeune ne change pas grâce à un programme, mais grâce à une relation. Et une relation éducative ne se construit que par une présence réelle, quotidienne et durable.

C’est pourquoi nos éducateurs sont aux côtés des jeunes six jours sur sept en détention, puis les suivent en liberté surveillée et après leur sortie. Le même fil relie toutes nos actions, en France comme à Madagascar.

Au quotidien. Chaque jeune a un dossier individuel et un projet construit avec lui. Les éducateurs le rencontrent régulièrement en entretien, animent des groupes de parole et des ateliers, et travaillent en lien étroit avec les agents pénitentiaires. Ils renouent aussi le lien avec la famille : visites à domicile, et chaque mois, des ateliers où parents et équipes échangent sur la vie familiale et l’éducation.

« Les éducateurs de Grandir Dignement m’accompagnent et me soutiennent chaque jour dans les périodes difficiles. »
Tafita, 16 ans, accompagné en détention (le prénom a été modifié)

Une démarche en quatre temps : les « 4A ».

  • Approche : prendre le temps de se rencontrer et de dialoguer, sans juger.
  • Accroche : capter l’attention du jeune en lui proposant des réponses concrètes aux problèmes qu’il rencontre.
  • Accompagnement : ne pas le laisser seul face aux démarches et aux difficultés, et pouvoir compter sur la présence de quelqu’un.
  • Autonomie : le but final, que le jeune devienne acteur de son propre changement.

Une pédagogie inspirée de Don Bosco. Au XIXe siècle, à Turin, Jean Bosco consacre sa vie aux jeunes livrés à eux-mêmes et va à leur rencontre jusque dans les prisons, où il leur dit : « J’ai besoin de vous ». Sa pédagogie mise sur la prévention plutôt que sur la répression. Membre du réseau Don Bosco Action Sociale, Grandir Dignement en fait sa ligne de conduite, autour de trois mots :

  • La confiance : une relation fondée sur l’écoute et le dialogue, qui accepte une part de risque.
  • L’espérance : ne jamais réduire un jeune à ses actes d’aujourd’hui, et croire qu’il peut changer.
  • L’alliance : avec chaque jeune, avec le groupe, avec les familles et avec tous les acteurs qui l’entourent.

Des jeunes détentrices et détenteurs de droits

Pour Grandir Dignement, les jeunes ne sont pas des bénéficiaires, mais des personnes qui ont des droits et qui sont actrices de leur propre parcours. Nous distinguons toujours l’acte de la personne : quel que soit l’acte commis, chaque jeune garde droit au respect et à la dignité.

« Le respect des droits de l’enfant et de sa dignité doit être reconnu pour tous les enfants, quels que soient les actes commis, quelles que soient les origines, quels que soient les lieux ou modes de vie. Les droits de l’enfant ne se méritent pas, ils ne sont pas soumis à condition et jamais négociables. »
Hélène Muller, cofondatrice de Grandir Dignement

Ce respect passe aussi par la protection. Toutes les personnes qui travaillent avec nous, salariées, volontaires ou bénévoles, s’engagent à respecter notre politique de sauvegarde de l’enfant et du jeune : un code de conduite, un recrutement attentif et des procédures claires de signalement, y compris en détention.