Comme vous le savez, depuis quelques semaines à débuté au sein du centre de rééducation Mandrosoa-Anjanamasina, une petite formation destinée aux jeunes les plus en difficultés.

Même si cette formation est loin d’être parfaite, elle constitue une chance pour bien des jeunes qui n’ont jamais pu être scolarisés ou qui ont arrêtés l’école depuis bien longtemps.
Ainsi, notre chef d’atelier enseigne du lundi ou vendredi à 30 jeunes âgés de 15 à 19 ans.

Pour certains, il est aisé de suivre un cours, d’être à l’heure ou encore d’accepter les remarques du chef d’atelier; pour d’autres jeunes, c’est plus compliqué…Enfin, pour beaucoup d’élèves, le manque de confiance complique parfois l’apprentissage. En effet, il n’est pas rare qu’un jeune vienne nous voir en confiant qu’il est « tsy mahay » (pas capable »)!
Ce « tsy mahay » est une phrase courante à Madagascar et bons nombres de nos jeunes n’ont pas arrêté de l’entendre depuis leur plus jeune âge!!

Au bout de un mois, le constat s’avère être positif! Tout d’abord, la mise en place d’une formation professionnelle dans un centre de l’administration pénitentiaire est quelque chose d’exceptionnelle!

Ensuite, cette formation est totalement acceptée par les adultes travaillant au centre ainsi que par les instances étatiques! C’est  d’ailleurs pour cela que nous avons reçu quelques visites du personnel pénitencier.

Enfin, et c’est, nous le pensons, le plus important: les jeunes apprécient cette formation!
 Certes, 4 ou 5 jeunes de la promotion de départ ont décidé, malgré nos arguments, d’arrêter mais les autres restent motivés et les nouveaux  arrivants réclament la plupart du temps de pouvoir intégrer la formation!

Cependant, notre volonté ce n’est pas de faire du chiffre! Outre la formation professionnelle, il existe, même si celle-ci rencontre quelques difficultés, une école primaire et secondaire .
 Ainsi, lorsqu’un nouveau jeune arrive au centre, nous faisons toujours, en présence du Surveillant Général, un entretien d’orientation. En effet, pour certains jeunes il sera plus intéressant de continuer la filière générale alors que pour d’autres, déjà âgés et ayant un niveau très bas (maternelles par exemple); la formation professionnelle semble plus approprié.

Pour conclure nous sommes satisfait de la mise en place de ce cursus professionnelle même si nous avons encore besoin d’aide!
En effet, pour l’instant seule la maçonnerie est enseigné! Or, il est primordial de développer d’autres activités comme la menuiserie! Par ailleurs, afin de rendre ce cursus un minimum rentable, il nous faudrait développer des petites activités rentables comme le tissage de panier ou encore la fabrication de pain (les habitants du quartier n’ont pas de vendeur de pain à proximité, et serait content de pouvoir en acheter au sein du centre..)
Le constat est positif mais il reste beaucoup à faire pour que ces jeunes aient pleinement leur droit à la scolarité!!
Alors, merci d’avance à tous ceux et toutes celles qui auront un geste de générosité envers nos jeunes…jeunes malgaches qui loin d’être tous des délinquants sont avant tout victimes  d’un manque d’affection et d’éducation!