Parcours de réussite : Safidy, 21 ans, témoigne !
Un parcours de reconstruction et d’espoir
Je m’appelle Safidy, j’ai 21 ans et je viens du quartier d’Anosibe (quartier populaire d’Antananarivo, Madagascar).
Très jeune, j’ai perdu mes parents et j’ai été élevé par la sœur de ma mère. Comme beaucoup de jeunes de mon âge, j’ai été à l’école avec l’espoir d’obtenir un diplôme et de construire mon avenir. Mais à un moment de ma vie, j’ai dû arrêter mes études.
Sans repères clairs, je passais mes journées avec mes amis dans le quartier. C’est dans cette période que j’ai découvert une passion pour la cuisine. Un jour, en regardant une émission sur CANAL+ « Meilleur Chef pâtissier », j’ai été impressionné par le talent des participants. Cette émission a été un déclic.
Avec mes amis, nous avons décidé de suivre une formation en cuisine. Nous avons intégré une école appelée Île aux Enfants, où nous avons étudié pendant deux ans et effectué un stage pratique à la plantation d’Ankorondrano.
Mais peu à peu, de mauvaises influences ont changé mon parcours. Je me suis retrouvé impliqué, avec certains amis, dans un acte inapproprié au sein de l’école, une erreur que je regrette aujourd’hui. Une plainte a été déposée, ce qui a conduit à mon arrestation puis à mon transfert à la prison d’Antanimora.
J’avais 19 ans lorsque je suis entré au quartier des mineurs d’Antanimora, le 17 août 2024. J’en suis sorti en décembre 2024, après environ quatre mois de détention.
Cette période a été extrêmement difficile. J’ai dû faire face à mes erreurs et en assumer pleinement les conséquences. J’ai perdu espoir, abandonné mes rêves, et même ma passion pour la cuisine semblait loin de moi. Même lorsque des activités culinaires étaient proposées en prison, je n’y participais pas.
Mais petit à petit, quelque chose a changé.
J’ai rencontré les équipes de Grandir Dignement. Leur présence, leur écoute et les activités proposées m’ont permis de reprendre confiance. Je ne m’ennuyais plus. Parmi toutes les activités, celle du cirque avec Zoky Fabrice m’a particulièrement marqué : elle m’a redonné le goût de participer et d’exister autrement.
Le courage de se relever et de reconstruire sa vie
Un mois après ma sortie, je suis resté chez moi, enfermé dans la honte. J’évitais les gens, incapable d’affronter leurs regards.
Mais un jour, j’ai pris une décision importante : celle de me relever.
J’ai repris contact avec Zoky Zakaria, éducateur référent que j’avais rencontré pendant mon passage en prison. C’est grâce à lui que j’ai intégré le SIMO (Service d’Insertion en Milieu Ouvert) le 14 février 2025.
Au centre, j’ai découvert un environnement d’entraide et de solidarité. J’ai rencontré d’autres jeunes comme moi.
Très vite, j’ai exprimé mon envie de travailler dans la cuisine. Avec l’accompagnement de mon éducateur, j’ai suivi une formation professionnelle en cuisine à l’EFTP Analamahitsy pendant quatre mois. J’y ai appris énormément sur la restauration et obtenu mon attestation après l’examen.
Ensuite, j’ai intégré un programme d’orientation professionnelle au sein de BPE. Même si je n’y suis pas resté longtemps, j’avais déjà un objectif clair : travailler.
Un mois plus tard, j’ai obtenu mon premier emploi dans une structure partenaire de Grandir Dignement : Foodmark, une entreprise de restauration collective.
L’accueil a été chaleureux. Durant ma période d’essai, j’ai travaillé avec sérieux, en donnant le meilleur de moi-même. Après un mois, j’ai été reconnu comme meilleur employé.
Aujourd’hui, je travaille comme assistant cuisinier chez Teleperformance Madagascar, à Antanimena.
Ce travail représente énormément pour moi. Il me permet d’être responsable, de reprendre confiance en moi et d’aider ma famille avec mes revenus.
Regard vers l’avenir
Aujourd’hui, j’ai une nouvelle vie et un nouveau départ.
« Je tiens à remercier profondément Zakaria, mon éducateur référent, qui m’a accompagné à chaque étape de ce parcours. »
Mon rêve est désormais clair : ouvrir un jour mon propre restaurant.
Mon message à tous les jeunes, je voudrais dire ceci :
Avant d’agir, il faut toujours réfléchir. Une mauvaise décision peut changer une vie entière et conduire à des situations difficiles.
Mais il ne faut jamais perdre espoir. Même après des erreurs, il est toujours possible de se relever, de changer et de construire un avenir meilleur.
La paresse et les mauvaises influences peuvent nous détourner de nos rêves, mais la persévérance peut nous y ramener.
Même si j’ai connu la prison, cette expérience m’a permis de comprendre mes erreurs et de changer profondément.
Aujourd’hui, Safidy s’implique activement dans l’activité de pair-aidance au sein du SIMO. À travers ce rôle, il partage son parcours avec d’autres jeunes en réinsertion accompagnés par Grandir Dignement.
En témoignant de son expérience, il devient une source d’inspiration et d’encouragement pour ceux qui traversent des situations similaires. Son histoire montre qu’un changement est possible, malgré les difficultés et les erreurs du passé.











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