Tout enfant a droit à être protégé contre toute forme de violence, et un enfant privé de liberté doit être traité avec humanité et dans le respect de sa dignité. Ce sont deux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant (articles 19 et 37), que Madagascar a ratifiée.
Un enfant en conflit avec la loi peut être exposé à des violences à chaque étape de son parcours : lors de son arrestation et de sa garde à vue, en détention, de la part d’adultes comme d’autres jeunes. Grandir Dignement agit pour le protéger, aux côtés du ministère de la Justice et de l’administration pénitentiaire, dans le cadre d’une convention de partenariat qui fixe des engagements réciproques.
Avant et après l’arrestation. Grandir Dignement forme aux droits de l’enfant ceux qui sont les premiers en contact avec un enfant soupçonné d’une infraction : les officiers de police judiciaire, et les responsables des fokontany, l’échelon de proximité de l’administration malgache, à l’échelle du quartier ou du village. Depuis 2026, avec le soutien de l’UNICEF, les enfants les plus vulnérables (moins de 13 ans, en situation de handicap, sans état civil) sont aussi assistés par un avocat dès leur arrestation. Nos équipes ne sont pas présentes pendant la garde à vue, mais elles rencontrent chaque jeune à son arrivée en détention. Si un enfant porte des traces de violences ou se confie, il est écouté, soigné si besoin, et la situation est signalée aux autorités compétentes.
Avec les professionnels de la détention. En complément de la formation qu’ils reçoivent à l’École nationale de l’administration pénitentiaire, Grandir Dignement sensibilise les agents pénitentiaires aux droits de l’enfant. L’association est aussi consultée, dans chaque établissement, sur les sanctions éducatives et la prévention de la maltraitance. En 2025, avec Humanité & Inclusion et le soutien de l’Union européenne, des ateliers ont réuni personnels pénitentiaires, police des mineurs et associations sur la loi relative au signalement.
Entre jeunes. La promiscuité et l’ennui nourrissent les tensions. Les activités éducatives, sportives et culturelles les apaisent, et les groupes de parole apprennent à régler un conflit autrement que par la force. Quand un jeune s’en prend à un autre, nos équipes interviennent et travaillent avec l’administration pour que la victime soit mise en sécurité.
Être présents et à l’écoute. Nos équipes sont aux côtés des jeunes six jours sur sept. Cette présence permet de repérer tôt les difficultés, et les enfants savent qu’ils peuvent se confier à un adulte de confiance. Ils sont informés de leurs droits et de la manière de signaler une situation qui les inquiète. Pour les leur expliquer simplement, nous avons réalisé une bande dessinée en malgache, Mes droits en détention.
Voir la BD « Mes droits en détention » (en malgache)
Réagir ensemble. La convention qui nous lie au ministère de la Justice prévoit que toute situation de maltraitance soit signalée sans attendre aux autorités pénitentiaires et judiciaires compétentes, et que l’administration prenne les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de l’enfant. Une responsabilité partagée, au service d’un même objectif.
Une vigilance qui nous concerne aussi
Nous savons que le risque zéro n’existe pas, y compris au sein de notre propre association. C’est pourquoi chaque salarié, volontaire ou bénévole s’engage à respecter un code de conduite et suit une formation sur la protection de l’enfant et la prévention des abus. Ces règles, nous les faisons évoluer à mesure que nous apprenons.
Au-delà des textes, ce que nous cherchons à construire, c’est une responsabilité collective et une culture de la parole : que chacun, jeune ou adulte, puisse dire ce qui ne va pas, être écouté et pris au sérieux, sans crainte.

