Samedi après-midi, animations diverses pour les 90 jeunes du centre arrivés ici suite à un parcours bien difficile; temps de loisirs et de détente offert à 90 mômes, enfants et ados, tous victimes de notre misère humaine…

 

On s’organise, tandis que les balles de foot, de volley et de rugby sortent des placards; les sonos, elles, se mettent à donner de la voie ou plutôt dirai-je de la vie sur des airs de percussions ou de rap malgache…
Et oui, à Mada aussi,le rap à sa place chez les ados!
Le temps de faire des équipes, de motiver les plus réticents ou d’apaiser les âmes échauffées; et c’est parti! Les joueurs s’affrontent, les spectateurs huent ou applaudissent en fonction des actions.

 

 
Quelques jeunes pourtant restent à l’écart, certains ont le regard fuyant et semblent comme sur une autre planète… Laquelle ? Pour certains celle nommée Souffrance, pour d’autres celle que l’on appelle Déprime, Colère ou encore Fuite…
On tire, c’est le cas de le dire, notre dernière carte: dominos, puzzle, livres, cartes et petits jeux de toutes sortent se dispersent à travers la cour rejoindre ces petits extra-terrestre.
Peu à peu des sourires fleurissent et planète Joie apparaît…

Après un tour de la cour histoire de discuter un peu avec chaque jeune, je m’assois et je me contente de regarder les alentours. Et, alors que je m’aperçois que tous jouent,courent, rient ou chantent, alors que je vois des gardiens pénitenciers se mêler gaiement à la partie de foot, vient cette pensée si rare mais combien primordiale: « C’est beau», « Ça sert à quelque chose ». Petit instant de plénitude, moment si court suspendu dans l’air, graines d’espérances que je mémorise pour les jours de grisailles. Oh, bien sûr, cela ne dure qu’un temps. Bien vite, il faudra arrêter Princy qui se promène pierre à la main en direction d’un plus jeune, discuter avec Lahatra et Robby qui se regardent avec des yeux-éclairs ou encore consoler Sabotsy qui ne voit plus le bout du tunnel… Très vite, faute de la non maitrise de la langue malgache, faute du nombre d’animateur si bas relatif au nombre de jeune et surtout faute à la condition humaine, il me faudra accepter mes limites et me dire « qu’il reste beaucoup à faire et que pourtant, on ne peut que peu ». Pour autant, le soir à la tombée de la nuit, alors que mes yeux se ferment et que mon esprit divague, je retiendrai de la journée ces 90 gamins tous riant et joyeux, heureux de pouvoir être tout simplement des gosses un samedi après-midi ensoleillé…

Un immense MERCI à Dario, photographe italiano-grec, qui a prit ces superbes clichés lors de sa visite au centre et nous a permis de les diffuser librement!!

Par souci de confidentialité, les prénoms des jeunes ont été modifiés.