Une consultation nationale, une parole locale

Ce printemps, dans le cadre de la Consultation nationale des enfants 2026 organisée par le Défenseur des droits, des jeunes accompagnés par les équipes de Grandir Dignement à Strasbourg, Metz et Nancy ont pris la parole sur leur rapport au numérique.

Pas pour se plaindre. Pas pour dresser une liste de ce qui leur fait peur. Mais pour réfléchir, débattre, dessiner, écrire. Et porter leurs convictions.

À travers des bandes dessinées, des textes libres et des temps d’échange collectifs, ils ont abordé des sujets qui traversent leur quotidien : le cyberharcèlement, la diffusion d’images sans consentement, l’intelligence artificielle, la collecte de données personnelles. Des sujets complexes, souvent traités par les adultes à leur place. Cette fois, c’est eux qui tenaient le stylo.


Ce qu’ils ont dit, et ce que ça nous apprend

Les paroles recueillies au fil de ces ateliers ne ressemblent pas à des réponses formatées. Elles ressemblent à des pensées en train de se construire, à des convictions qui cherchent leurs mots.

L’un des jeunes a écrit :

« Le coupable, c’est celui qui diffuse. »

Six mots. Une position éthique claire, formulée sans jargon, sans cours de morale. Juste une conviction, née de l’expérience et de la réflexion.

Un autre a confié :

« J’ai peur de l’avenir, que la socialisation n’existe presque plus. »

Ce n’est pas du misérabilisme. C’est une lucidité que beaucoup d’adultes peinent à formuler aussi directement. Une inquiétude réelle, posée avec une maturité qui mérite qu’on s’y arrête.

Ces paroles ne sont pas des anecdotes. Elles sont des indicateurs. Elles nous disent où en sont les jeunes, ce qu’ils vivent, ce qu’ils craignent, et ce en quoi ils croient.


Éduquer, c’est d’abord écouter

Don Bosco disait qu’il faut partir de là où les jeunes en sont, pas de là où on voudrait qu’ils soient. Ces ateliers, c’est exactement ça.

Chez Grandir Dignement, nous ne partons pas du principe que les jeunes ont besoin qu’on leur explique le monde numérique. Nous partons du principe qu’ils l’habitent, qu’ils l’observent, et qu’ils ont développé sur lui un regard que nous avons tout intérêt à entendre.

Créer un espace où cette parole peut s’exprimer, se confronter, se préciser, c’est déjà un acte éducatif. Ce n’est pas simplement recueillir des témoignages. C’est reconnaître que chaque jeune est capable d’analyse, de recul, et de propositions. C’est lui faire confiance avant même qu’il ait prouvé quoi que ce soit.

C’est ce que nous appelons le développement du pouvoir d’agir.


Une voix qui comptera

Les contributions de ces jeunes ne s’arrêtent pas aux murs des ateliers. Elles rejoindront le rapport remis au Défenseur des droits dans le cadre de la Consultation nationale. Leur parole entrera dans un débat public, au niveau national.

Pour beaucoup d’entre eux, c’est la première fois que ce qu’ils pensent compte officiellement. La première fois qu’on leur dit : ce que tu observes, ce que tu ressens, ce que tu proposes, ça a de la valeur. Ça peut changer les choses.

C’est peut-être ça, au fond, la meilleure protection qu’on puisse offrir à un jeune : lui montrer que sa voix existe, et qu’elle porte.


Merci aux jeunes de Strasbourg, Metz et Nancy pour leur engagement et leur sincérité. Merci aux équipes éducatives qui ont rendu cette démarche possible.

Cette action est cofinancée par l’Union européenne dans le cadre du Fonds social européen Plus (FSE+).